« Ma formule pour obtenir de bons tirages repose sur l’utilisation de produits chimiques ordinaires, d’un agrandisseur simple, d’un accompagnement musical, d’une bouteille de Scotch et d’entêtement »
À part le Scotch (trop coûteux pour le porte-monnaie et la santé), j’essaie de me tenir à ce précepte du grand photographe W. Eugene Smith.
La photographie de lui au milieu du capharnaüm qu’était son laboratoire trône depuis les années 80 dans tous les lieux qui m’ont servi de chambre noire.
À la fin de la guerre, les Allemands durent se débarrasser de leurs exemplaires de Mein Kampf dans le cadre de la dénazification du pays. J’ai eu en possession cet exemplaire qu’une professeur de littérature Allemande avait conservé dans sa bibliothèque comme trace du passé. Pas question de mettre la photographie du Führer en évidence et elle avait donc couvert le livre d’un papier kraft. Maintenant, lorsqu’on regarde l’image de Hitler, c’est tout de suite de la haine et de l’écoeurement qui nous saisit, mais il n’est pas très dur d’imaginer la fascination qu’à pu avoir le peuple Allemand dans les terribles années 30. Hitler savait bien manipuler les images : ce soient les photographies ou bien les films comme celui de Leni Riefenstahl de 1938 OLYMPIA, FEST DER VÖLKER Olympia, Fête Du Peuple, à la gloire des jeux Olympiques de Berlin. L'athlète américain de 23 ans, Jesse Owens, remporte quatre médailles d'Or pendant ces jeux pour la course de vitesse et le saut en longueur. "La perle noire", descendant d'esclaves, devient le héros de ces Jeux, pourtant placé sous propagande nazie. Hitler refusera de lui serrer la main.
Dans la version française du livre de poche Seul Dans Berlin d’Hans Falladas, on y voit la photographie d’une affiche de propagande pour le parti Nazi en 1933 : elle représente un travailleur aux manches retroussées et tenant un marteau dont on n’aimerait pas qu’il s’abattre sur nos crânes. Le texte est lapidaire : Nous voulons du travail et du pain, Votons Hitler ! Elle a certainement dû faire peur à certaines personnes, mais la plupart y ont vu un signe d’espoir à leur détresse. Le livre montre bien l’ambiance terrifiante de délation parmi la population dans les années de guerre et à lutte vaine de quelques opposants. Justement, en ce moment, Tom Cruise tourne un film à Berlin sur l’attentat manqué contre Hitler le 20 Juillet 1944. Il tient le rôle du Comte Stauffenberg qui fût l’instigateur de ce projet. Les Allemands ne voient pas d’un bon œil qu’un membre de la scientologie tienne le rôle de ce héros de la résistance Allemande. Berlin a refusé que soient tournées des scènes dans les bâtiments officiels de la ville, ne voulant en aucun cas être associé de près ou de loin à l’église de scientologie. Le fils du comte a déclaré : "Il ne doit pas toucher à mon père. Il doit aller escalader une montagne ou surfer dans les Caraïbes. Cela m'est égal tant qu'il se tient à l'écart" de ce film de guerre tourné cet été par Bryan Singer, a affirmé Berthold Schenk Von Stauffenberg dans un entretien au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung.
"Il m'est désagréable que quelqu'un qui se reconnaît dans l'Eglise de Scientologie interprète mon père"
Pour sa première enquête, Der Inspektor Rostrot (de la Kriminalpolizei de Berlin) et ses célèbres cigarettes NIL®, flanqué de son fidèle mais critique lieutenant Emmo Gustav Wellensiek, va être confronté à l’un des pires criminels du XXe siècle.
Sur le bord d’un lac aux alentours de Berlin, dix-huit corps dénudés de jeunes femmes sont découverts au petit matin par une joggeuse et son Golden Retriever. Comble de l’horreur, l’assassin leur a coupé la tête, les plaçant entre leurs jambes dans un geste répugnant. Cependant, une tête manque et le corps supplicié révèle un tatouage énigmatique : le dessin d’une crevette et l’inscription « chez Rimi, crevettes à toute heure ».
Nos deux héros vont être transporté au Maroc dans le milieu opaque des formateurs de formateurs.
Deux bizarres passeurs de vélos entre l’Europe et l’Afrique, une maîtresse d’école sadique, un Breton, tête de pioche mais sympathique, une jeune femme sans scrupule qui ne respecte pas les recettes de cuisine, un homosexuel travesti en Yul Brunner, un dessinateur engagé mais obsédé par le postérieur des femmes: tout ce petit monde croisera nos deux héros et la lutte entre le bien et le mal tournera au carnage.